Le rapport 3054 cartographie trente ans de dépendances françaises. Il manque encore l’instrument qui distingue les produits remplaçables des capacités forgées par l’expérience du réel.
Une administration française a quitté Microsoft. Elle emploie 80 000 personnes et il lui reste 1 054 postes sous Windows, pour des besoins particuliers. Aucun serveur Windows ne subsiste. LibreOffice équipe les postes, Microsoft Office survivant sur moins de 2 % d’entre eux. Les derniers comptes Outlook ont disparu début 2024. Une plateforme fondée sur Nextcloud sert plus de 100 000 personnels de la police et de la gendarmerie.
Le 8 juillet 2026, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale publie le rapport 3054 sur les dépendances structurelles du numérique français et les risques qu’elles font peser sur l’indépendance du pays. La Gendarmerie nationale a déjà fait ce qu’il demande. Son directeur du numérique, le général Marc Boget, chiffre la non-dépense obtenue depuis 2004 à 534 millions d’euros. Le rapport parlementaire ajoute la réserve nécessaire : un calcul complet intégrerait les surcoûts de migration et d’exploitation.
J’ai cherché ce qui précède cette migration, parce que tout est là.
Devant la commission d’enquête, Marc Boget explique que son organisation repose sur 30 ans de construction d’une filière humaine, avec des personnels qui alternent fonctions techniques et fonctions opérationnelles. L’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure regroupe 530 personnes en central, 100 développeurs et 200 personnes pour exploiter 5 000 serveurs répartis sur 2 data centers. La transition vers le logiciel libre, entamée il y a 20 ans, s’appuie sur cette profondeur. Il reconnaît d’ailleurs que la migration s’est faite en mode très militaire, un peu brutal.
30 ans de filière, puis 20 ans de migration.
Linux se télécharge. LibreOffice se télécharge. 30 ans de filière ne se téléchargent pas.
L’instrument qui manque au débat
La Gendarmerie possède une chose que le débat français sur la souveraineté n’a pas d’instrument pour mesurer.
Capacité de Refus Souverain : capacité d’un acteur à refuser les conditions d’un fournisseur tout en maintenant ses fonctions essentielles, pendant une durée suffisante et à un coût acceptable.
Cette capacité se construit par accumulation. Des années de filière, d’exploitation et d’incidents produisent une position, et l’instrument mesure cette position.
Appliquez-le à la Gendarmerie. Un éditeur change ses règles demain : une partie significative du système continue de fonctionner, des humains savent l’exploiter, des équipes savent le modifier, une architecture existe pour absorber le choc. Sa Capacité de Refus Souverain se mesure en années.
Appliquez-le à un ministère qui compte ses postes migrés. La réponse arrive en semaines.
L’instrument sert à dimensionner : concevoir des systèmes qui tiennent le plus longtemps possible. La mesure précède l’épreuve.
1966 : ce que le Plan Calcul a laissé
La France dispose d’une matière expérimentale que peu de pays possèdent. Depuis 1966, elle finance des alternatives aux géants installés, et chaque tentative apporte au débat une pièce que les autres ne donnent pas.
Le Plan Calcul naît après le passage de Bull sous influence américaine. L’État veut restaurer une industrie informatique française et se dote d’un outil industriel, la CII : Compagnie internationale pour l’informatique.
L’épisode mérite mieux que la caricature de l’échec public. En 1971, le Sénat dresse un bilan plutôt favorable : la CII emploie 6 300 personnes, dispose de plusieurs centres industriels, et le rapport considère que les objectifs de la première convention sont atteints. L’entreprise occupera la deuxième place du marché français derrière IBM. La période produit aussi les capacités de recherche dont sortira l’IRIA, futur Inria.
La France a fabriqué. Elle a accumulé des ingénieurs, des technologies, des machines, une entreprise capable de vendre.
La position, elle, reste adossée. La CII dépend largement de la commande publique, et le marché national reste trop étroit pour financer seul la bataille mondiale. L’entreprise cherche une échelle continentale avec Siemens et Philips dans Unidata. En 1975, le gouvernement choisit la fusion avec Honeywell Bull, et le Sénat décrira plus tard cette décision comme la fin des espoirs d’une industrie informatique européenne autour d’Unidata.
L’État a financé une offre. Le marché qui aurait dû la porter est resté à construire.
Suivez la trace. La CII fusionne avec Honeywell Bull en 1975. Bull traverse 40 ans de recapitalisations successives. Atos l’absorbe en 2014. Le 31 mars 2026, l’État rachète Bull à Atos pour 404 millions d’euros et en devient l’unique actionnaire. 60 ans après le Plan Calcul, l’État redevient propriétaire de l’entreprise qu’il avait fondée. La capacité industrielle, elle, a survécu à tous ses propriétaires.
Bull porte aujourd’hui les espoirs français du calcul à très haute performance. La gamme BullSequana est conçue et assemblée à Angers. Deux briques y sont maîtrisées en interne : le refroidissement liquide direct, qui a placé ces machines aux premières places du classement mondial des supercalculateurs les plus économes, et le BXI, le réseau d’interconnexion des machines de classe exascale. Le premier supercalculateur exascale européen repose sur cette plateforme. Le CEA l’emploie pour la simulation du programme nucléaire de défense. Les processeurs, eux, viennent d’AMD, d’Intel et de Nvidia, en attendant le Rhea2 du français SiPearl.
60 ans d’accumulation ont produit 2 briques que peu d’acteurs maîtrisent en Europe. Le reste demeure adossé.
1985 : l’école, première fois
Le 25 janvier 1985, Laurent Fabius présente le plan Informatique pour Tous. 120 000 machines dans 50 000 établissements, 110 000 enseignants à former pour la rentrée de septembre, 1,8 milliard de francs engagés.
Le matériel est français par construction : MO5 et TO7, produits par Thomson, entreprise nationalisée et fragile, retenue sans appel d’offres. L’architecture se révèle incompatible avec le PC IBM que les entreprises, les universités et les foyers achetaient au même moment. Les élèves apprennent le crayon optique pendant que le marché mondial adopte la souris. L’inspection générale classe le plan en échec, et Thomson quitte la micro-informatique en 1989.
Des centaines de milliers d’élèves ont appris l’informatique sur un socle que le monde professionnel ignorait.
2011 : la ressource rare consommée par le plan
Le cloud change la forme de la dépendance. Les serveurs deviennent des services, l’infrastructure se loue, les logiciels arrivent par le robinet.
À partir de 2011, l’État engage jusqu’à 150 millions d’euros dans le projet Andromède. Orange et SFR refusent de travailler ensemble, et l’arbitrage consiste à dupliquer le projet. Cloudwatt naît chez Orange et Thales, Numergy chez SFR et Bull, avec la Caisse des dépôts au capital des deux. Deux organigrammes presque identiques, financés par le même contribuable, pour vendre le même service aux mêmes clients.
En 2017, les participations publiques sont soldées. La Cour des comptes emploie le mot échec et chiffre la perte pour l’État à 38 millions d’euros.
Cloudwatt et Numergy ont recruté des personnes possédant des compétences cloud encore rares en France, et la Cour estime que cette captation a pu ralentir la croissance d’entreprises françaises déjà installées sur ce marché.
J’étais de ce côté du marché. À partir de 2013, mon entreprise a engagé 3 ans de R&D et plusieurs millions dans une plateforme cloud privée, intégrée nativement à l’infrastructure de Cisco. Mes ingénieurs sont partis du jour au lendemain, avec 40 à 50 % d’augmentation, vers des structures financées sur fonds publics.
Lisez le mécanisme lentement. Une politique destinée à fabriquer de l’autonomie a consommé la ressource rare dont l’autonomie avait besoin.
Un budget s’ouvre par décision. Une équipe cloud accumule de l’architecture, des incidents, de l’exploitation, de la sécurité et des milliers d’heures de décisions. Les 2 véhicules créés par le plan ont puisé dans un réservoir humain étroit, au moment précis où ce réservoir alimentait les seuls acteurs français qui apprenaient ce marché.
Qwant : la dépendance vit sous le produit
Google occupe une position immense, construisons une alternative. L’intuition paraît simple.
Qwant développe progressivement sa propre technologie de recherche. Depuis 2016, l’entreprise utilise également la technologie de Microsoft Bing pour fournir une partie de ses résultats. Elle a saisi l’Autorité de la concurrence contre Microsoft en invoquant une dépendance économique. L’Autorité rejette la qualification juridique, faute d’éléments suffisants, et constate le recours technologique. Elle rappelle que Google et Bing restent les 2 principaux fournisseurs de syndication des résultats organiques et publicitaires.
Regardez ce qu’exige une requête. Découvrir le Web, l’indexer, classer les résultats, absorber des volumes gigantesques de requêtes, financer l’infrastructure par la publicité. Les effets de réseau renforcent ensuite ceux qui détiennent déjà les utilisateurs, les données et les annonceurs.
L’interface occupe le sommet de cette pile. L’index et des années d’interactions accumulées se trouvent en dessous.
Qwant et Ecosia ont d’ailleurs commencé à descendre. Leur entreprise commune European Search Perspective propose depuis 2025 sa propre syndication de résultats organiques.
La première loi
Quatre politiques, une régularité.
Le Plan Calcul finance une capacité industrielle directe. Le plan de 1985 organise une substitution. Andromède finance des véhicules. Qwant soutient un produit visible.
Regardez maintenant ce qui subsiste de chacune, 10, 40 ou 60 ans plus tard.
Le Plan Calcul a laissé une capacité industrielle qui traverse encore le temps, avec ses machines, son usine d’Angers et ses ingénieurs. Le plan de 1985 a laissé un parc obsolète et un industriel sorti du secteur. Andromède a laissé 2 plateformes éteintes et des compétences déplacées. Qwant a laissé une interface longtemps adossée, et une tentative récente de reconstruire la couche du dessous.
La Gendarmerie, elle, accumule pendant 30 ans une filière humaine, une architecture, des équipes d’exploitation et de support, puis la migration devient le résultat visible de cette accumulation.
Première loi : la durabilité d’une politique souveraine dépend de ce qu’elle laisse s’accumuler au-delà du dispositif financé.
Ce que le rapport contient déjà
La commission a produit le meilleur travail jamais réalisé en France sur ce sujet. 453 pages, des dizaines d’heures d’auditions, une cartographie des dépendances que personne n’avait dressée.
Elle rassemble aussi les éléments de la première loi. La Gendarmerie y figure en modèle de transition réussie. Plusieurs administrations décrivent une sortie rapide comme un risque direct pour la continuité de service. L’Éducation nationale déclare certaines dépendances non substituables à 3 ans. 41 ans après Informatique pour Tous, l’école revient au centre.
Ces 2 faits se trouvent dans le même document. Le rapprochement reste à faire.
Le rapport identifie les dépendances et propose 47 mesures, réparties en 18 recommandations et 29 propositions. Il traite l’open source, le financement des communs, les capacités humaines, la commande publique, la cybersécurité et les risques liés à l’IA.
Il ne fournit pas la métrique qui hiérarchise ces mesures selon le réel que ces capacités devront absorber.
La commission a fait le travail d’enquête. La grille de priorité manquait.
La voici, en 3 signaux. Un objectif formulé en « zéro » suivi du nom d’un fournisseur. Un succès compté en postes migrés. Aucun chiffre sur les ingénieurs à former et à recruter pour exploiter le résultat.
Ces 3 signaux s’observent dans n’importe quel plan, dès sa publication. Vous pouvez les cocher vous-même.
« Zéro Microsoft » fait un excellent indicateur final. L’employer comme ordre initial revient à mesurer la victoire au nombre de produits remplacés.
La première loi dit ce que 60 ans ont laissé derrière eux. Une autre force agit maintenant : l’IA modifie ce qu’il en coûte de reproduire chaque couche.
L’IA déplace la rareté
Pendant 30 ans, la rareté résidait largement dans la fabrication du logiciel. Une suite bureautique, un moteur de recherche, un socle métier représentaient une masse de développement considérable.
Fabriquer un logiciel coûte moins cher chaque année. Le code se reproduit plus vite. Un ingénieur expérimenté augmenté par l’IA produit en quelques jours ce qui mobilisait une équipe pendant des semaines.
D’autres maillons ont accéléré aussi. Le cloud, l’automatisation du déploiement et l’observabilité ont raccourci l’intégration et l’exploitation.
Les vitesses, elles, diffèrent. L’IA accélère fortement ce qui se reproduit à partir de connaissances explicites. Elle accélère beaucoup moins ce qui exige l’accumulation du réel.
Je fabrique des logiciels et je transforme des organisations depuis 35 ans. Fabriquer est le plus simple des 10 travaux de la chaîne. Faire adhérer le terrain constitue un deuxième métier, intégrer à l’existant un troisième, déployer un quatrième, former un cinquième, exploiter jour et nuit un sixième, supporter un septième, maintenir 30 ans un huitième, faire évoluer sans rien casser un neuvième. Reste le dixième, sécuriser et cybersécuriser : les écuries d’Augias étaient un chantier plus modeste.
Le Royaume-Uni a mesuré le coût de cette chaîne en vraie grandeur. En 2002, le National Programme for IT fabrique sur mesure le système d’information des hôpitaux anglais. 9 ans plus tard : plus de 10 milliards de livres engagés, programme démantelé, implication des utilisateurs gravement insuffisante dès la conception.
L’IA touche les 10 travaux. Elle raccourcit le premier presque seule. Elle accélère les 9 suivants à proportion de ce que les équipes savent en faire. Intégrer, déployer, former, exploiter, supporter, sécuriser : chaque métier gagne en vitesse quand des ingénieurs maîtrisent l’outil et connaissent leur terrain. Cette maîtrise s’apprend, et elle s’accumule.
L’accélérateur relève donc lui-même de la capacité accumulée. Une administration qui achète l’IA sans former ses équipes achète le premier travail.
La capacité et la migration avancent ensemble. Chaque étape technique nourrit la filière. La filière lit dans ce qui a tenu ce qu’il faut consolider. Elle décrypte dans ce qui a bloqué ce que l’étape suivante doit éviter. Cette boucle suppose que les métiers adhèrent, que la gouvernance arbitre et que la culture se déplace.
La deuxième loi
Plus l’IA sait reproduire les objets, plus la valeur stratégique migre vers les capacités formées par l’accumulation du réel.
Une capacité stratégique se révèle lorsqu’elle absorbe une situation qu’elle n’avait encore jamais rencontrée.
Un système peut voir passer des milliers d'incidents sans rien en tirer. La capacité naît de ce qui a été rencontré, interprété, arbitré puis absorbé.
L’IA attaquera aussi cette rareté. Elle génère déjà des incidents, simule des utilisateurs et fabrique des données synthétiques. Ces simulations élargissent considérablement l’espace des situations auxquelles un système peut être préparé. Leur valeur dépend du réel qu’elles parviennent à représenter et des conséquences qu’elles savent reproduire.
La souveraineté commence donc par identifier ce que l’argent ne suffit pas à reconstruire.
Appliquez ce critère aux couches du système, en séparant le produit logiciel du système sédimenté autour de lui. Un traitement de texte se reconstruit. Un logiciel d’annuaire se remplace. L’annuaire opérationnel d’un ministère porte 20 ans d’identités, d’habilitations, d’exceptions et d’intégrations métier.
Cherchez maintenant ce qui traverse tout le système et absorbe le plus de réel.
Le terrain qui reste rare
Un ministère produit chaque jour des journaux, des alertes et des incidents. Un traitement de texte voit des documents. Un annuaire voit des authentifications. La plateforme qui défend le système voit les relations entre tous ces événements.
Cette couche traverse tout, et elle accumule autre chose que du logiciel.
Elle accumule l’historique des incidents interprétés avec leur contexte, les comportements légitimes propres à cette organisation, les exceptions fonctionnelles enfouies dans ses applications, les arbitrages faits pendant les crises, et les ingénieurs qui connaissent ce système depuis 15 ans.
Un fournisseur mondial possède une télémétrie planétaire. La signification exacte d’une opération métier dans une administration française appartient à celui qui opère cette administration.
Un moteur de détection se développe. 20 ans d’incidents interprétés ne se développent pas.
Voilà ce que la France doit construire elle-même.
Reste à savoir s'il faut y flécher un euro public.
Reprenez les scénarios. La France reste dans ces écosystèmes : ses administrations doivent être défendues, et elle doit savoir par elle-même ce qui se passe dans ses systèmes. La France en sort : le besoin augmente, puisqu’elle perd au passage la sécurité qui venait avec les produits.
Plus elle gagne en indépendance logicielle, plus elle doit compenser par une capacité autonome de défense.
Comparez alors deux euros publics. Le premier finance la substitution d’un produit, et sa valeur dépend du scénario retenu. Le second construit une capacité de défense, et sa valeur existe dans tous.
Sortir de Microsoft se décide. Défendre ses propres systèmes s’impose dans tous les cas.
La bataille qu’il est encore temps de gagner
La cybersécurité devient une industrie de défense. La France sait faire fonctionner ce modèle depuis 60 ans, et elle l’applique ailleurs.
Dans l’armement, l’État ne fabrique pas d’avion. Il exprime un besoin, commande, qualifie, et il maintient dans la durée des bureaux d’études, des chaînes industrielles, des capacités de maintenance et d’évolution. Des industriels privés fabriquent. La demande longue fait exister la filière.
Andromède a fait l'inverse. L'État a financé la naissance de 2 entreprises au lieu de garantir un achat. Cloudwatt et Numergy sont nées avec un actionnaire public et une commande publique trop courte pour porter une filière, puis elles ont déplacé la ressource rare avant de disparaître.
La distinction tient dans deux gestes. Financer une offre crée des entreprises qui cherchent ensuite des clients. Garantir une demande exigeante laisse plusieurs industriels accumuler la capacité en concurrence.
Le dispositif de qualification des produits existe déjà : HarfangLab a été le premier EDR certifié puis qualifié par l’ANSSI. Cette qualification atteste un niveau de sécurité et de robustesse, pour un usage défini. Le rang face à l’état de l’art mondial se mesure ailleurs, et la profondeur de détection se construit par l’exploitation. Le marché existe déjà et paie : administrations, opérateurs d’importance vitale, entreprises. Le changement porte sur la durée de l’engagement public et sur ce qu’il exige en retour.
Ma proposition passe maintenant sous son propre scalpel, parce qu’un contrat long fabrique une rente aussi facilement qu’une filière.
Quatre conditions découlent de l’accumulation. Les traces restent maîtrisables par l’organisation dont l’activité les engendre. Un fournisseur qui part reprend son exécutable, et rien de ce que le terrain lui a appris. Les règles et les modèles de détection restent portables d’un fournisseur à l’autre. La qualification porte sur la continuité autant que sur le produit. Et le socle reste interopérable, pour que plusieurs industriels accumulent en concurrence.
Sans ces conditions, l’État reconstruit exactement la dépendance dont il voulait sortir, avec un fournisseur français cette fois.
Une seule grille
Ce qui reste, 10 ou 60 ans plus tard, est ce que la politique a laissé s’accumuler.
Ce diagnostic ne désigne aucun coupable. Des gens compétents et honnêtes occupent chaque poste de cette histoire. Quand un pont s’effondre, personne n’accuse la gravité : on calcule les charges.
Dans 20 ans, quelle connaissance de ses propres systèmes la France possédera-t-elle qu’aucun fournisseur ne pourra lui retirer ?
Lis la tech avant qu'elle t'enlise.